Transidentité – Et avec les parents, dire « il » ou « elle ?

Il m’a toujours semblé évident d’utiliser le pronom correspondant à « ce qu’exprime la personne concernée », même il y a fort fort longtemps, quand j’étais gamine et qu’on voyait encore des femmes trans qualifiées injustement de « un transsexuel ». Autrement dit : on n’est pas à sa place, si cette personne dit « je suis une femme », on dit « elle », si elle dit « je suis un homme », on dit « il ». C’est logique et une question de respect à plusieurs niveaux : de ce que la personne est (et elle le sait mieux que n’importe qui d’autre) mais aussi des sentiments/de sa sensibilité (dire « il » pour quelqu’un qui dit « je suis une femme », c’est blessant).

Avec les autres parents, c’est pareil… mais en un peu plus compliqué, parce que la personne qu’on a en face de nous n’est pas la personne qui dit « je suis une femme » ou « un homme » mais le parent qui dit « mon fils » ou « ma fille », qui dit « il » ou « elle », même si l’enfant dit, lui, le contraire.

Donc… ça change un peu la donne.

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Témoignage de Maryse – Un fils

Ce texte a été écrit par une autre maman, une maman que je côtoie dans un groupe de parents d’enfants transgenres. Je l’ai trouvé très beau et il me restait dans la tête, avec l’envie de le partager. Je lui ai donc demandé son accord pour le reposter. Le voilà.

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Ressource – Article : Lettre aux futurs parents d’enfants trans

Je partage un nouvel article, parce que je l’ai trouvé très sympa. Déjà par son ton : l’autrice de l’article prend le temps d’utiliser de beaucoup de mots bienveillants et apaisants pour les parents et ça fait du bien. Vraiment. Ça fait du bien de lire « Ça fait peur ». Ça fait du bien de lire « Je vous comprends ». Nous aussi, on a besoin d’être compris, en tant que parents. J’en parlerai dans un futur article, d’ailleurs. Et ensuite par le développement. Certes, l’article relève de nombreux points dont on a déjà parlé ici, comme le fait qu’on ne peut pas forcément « savoir », mais que le consensus général actuel au sujet de la transidentité des enfants est plutôt de se demander comment on peut soutenir du mieux possible notre enfant à travers l’exploration de son identité et l’expression de son genre, etc., mais ça reste toujours intéressant de le (re)lire et puis, surtout, c’est un article posé, exposant des faits issus de la recherche/l’étude de la transidentité chez les enfants, bienveillant, et positif.

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Ma fille est peut-être un garçon, ou non-binaire, ou une fille… – Y a-t-il des éléments permettant de « trancher » à ce sujet ?

Il y a un élément qui m’interroge toujours, lorsque je parle de mon enfant, et qui est « à quel point des personnes pourtant très différentes sur le plan du spectre du genre peuvent s’identifier à ce que je décris à son sujet ».

Il y a, bien sûr, des personnes transgenres qui se reconnaissent parfaitement dans ce que je raconte à son sujet. Normal. Moi aussi, même si je garde toujours mon esprit ouvert à toute possibilité, je ne peux pas m’empêcher de voir une « transidentité » dans ce qu’exprime mon enfant.

Il y a des personnes non-binaires qui lèvent la main bien haut en disant « attention, et pourquoi ne pas penser à la non-binarité ? Avec ce que tu racontes de ton enfant, en tout cas, ça me semble évident ». Et… oui, en fait, c’est vrai : il y a des éléments faisant clairement penser à une transidentité, et il y a des éléments posant question dans le sens inverse, comme le fait que ma fille se qualifie toujours de « fille » et veut actuellement (et ça persiste depuis de nombreux mois, maintenant) garder son prénom de fille. J’ai tendance à parler d’un « entre-deux », du coup, mais on m’a déjà reprise à ce sujet en me disant « eh ben non, et la non-binarité ? », et, oui, il est aussi possible que ce soit ça, en effet.

Il y a des personnes cisgenres qui ont eu dans leur enfance des points communs avec ce qu’exprime mon enfant et qui me disent « eh, moi aussi j’étais comme ça, tu sais ! » Mais, comme je le disais dans d’autres articles, « comme ça », ça veut dire quoi, exactement ? Je veux dire : moi aussi j’étais « garçon manqué », comme on le disait, et je ne crois pas avoir déjà remis en question « sérieusement » mon genre assigné pour autant…

Et il y a, enfin, cette collègue médecin, qui a été un enfant trans de ses 8 ans à ses 13 ans, c’est à dire qui avait une expression de genre de garçon, une identité de genre de garçon (prénom de garçon, pronom, etc.), même si ses parents n’y adhéraient pas trop… et qui a l’âge de 13 ans a soudainement eu envie de se maquiller et est revenue à son identité + son expression de genre de fille, pour être restée depuis une femme cisgenre, qui est aujourd’hui mariée, avec des enfants, qui n’a absolument rien d’atypique en tant que femme… Et qui, elle, nous dit à moi et mon compagnon « ne vous prenez pas la tête… J’étais comme ça, moi aussi. Et regardez-moi aujourd’hui ». Et… oui, je ne peux pas ignorer son témoignage. En me renseignant sur la transidentité dans l’enfance, j’ai appris qu’il y avait des personnes comme elle et… OK, ce cas existe aussi. J’en connais une.

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